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Vient de paraître :

Suzanne SIMHA : Comprendre Hume, Armand Colin, mai 2007
En vente en librairie ou sur le site de l’éditeur : http://www.armand-colin.com.

Hume, ou le scepticisme comme stratégie philosophique.

 On commencera par se demander si la philosophie de Hume est un scepticisme. Hume a en effet porté très loin la critique des «  extravagances » de ceux qu’il appelle des « Pyrrhoniens » ; il ne s’est jamais défini lui-même comme sceptique, ni identifié au portrait qu’il fait du sceptique, mais cela même fait partie de la stratégie sceptique : le scepticisme n’est pas une position philosophique, une doctrine arrêtée, il est un mode de la recherche philosophique et une manière d’être en dialogue, indéfiniment ouverte, qui s’instruit des thèses en présence, qui pratique les hypothèses multiples, et les juge impartialement ; c’est un mode du philosopher qui analyse et déconstruit les croyances mais qui ne refuse pas d’en avoir, si l’expérience ou la nature en impose le besoin.

Dans l’œuvre de Hume, le sceptique est ce penseur qui donne une valeur constante au principe d’incertitude et à la méthode probabiliste. Hume laisse toujours aux autres le droit de renverser les doutes sceptiques mais cela est dans la logique du vrai scepticisme de ne pas défendre la philosophie sceptique ; stratégie qui se déploie en deux modalités d’une recherche critique radicale : comme critique sceptique de la raison pure (ou des pouvoirs «  purs  » de l’esprit) ; et comme enquête positive sur les valeurs leur origine, leur genèse et les institutions qui leur donnent effectivité.

Dans l’œuvre de Hume, La science septique de la nature humaine précède et encadre la morale et l’esthétique. Le scepticisme sera considéré ici comme le fond commun qui fait l’unité de l’œuvre de Hume.